Un dimanche dans une famille khmer
Il y a des dimanches qui ne ressemblent à aucun autre. Celui-ci commence comme tant d'autres au Cambodge : une chaleur déjà écrasante à neuf heures du matin, la poussière rouge des routes qui s'invite jusque dans les sandales, et cette lumière particulière de Siem Reap qui semble tout adoucir, même la misère.
Hama nous attend. C'est la professeure de khmer d'une amie installée ici depuis deux ans. Ce dimanche-là, elle nous propose quelque chose que peu de voyageurs se voient offrir: venir déjeuner chez sa mère dans la campagne.
Hama nous attend. C'est la professeure de khmer d'une amie installée ici depuis deux ans. Ce dimanche-là, elle nous propose quelque chose que peu de voyageurs se voient offrir: venir déjeuner chez sa mère dans la campagne.
Déjeuner un dimanche dans une famille khmer.
On roule une bonne heure, on quitte le bitume, on s'enfonce dans les chemins de terre. Les maisons se font plus rares, plus modestes, jusqu'à ce qu'il n'y en ait presque plus. Et puis, nous arrivons dans un tout petit hameau et au fond d'une rue se trouve une petite maison très simple.
C'est là que vivent la mère de Hama et sa grand-mère. Cinquante-cinq ans pour l'une, presque nonante (quatre-vingt-dix) pour l'autre. Deux femmes, deux générations, une seule pièce.
À l'intérieur: deux lits, un hamac, une table. C'est tout. Pas d'eau courante. Les toilettes et une sorte de douche sont dehors, au fond du jardin. L'électricité existe, mais elle sert à peine à faire tourner un petit ventilateur, dérisoire contre une chaleur qui, ce jour-là, frôle l'insupportable. Je me souviens avoir pensé: comment vit-on ici, dans cette fournaise, avec si peu ?
C'est là que vivent la mère de Hama et sa grand-mère. Cinquante-cinq ans pour l'une, presque nonante (quatre-vingt-dix) pour l'autre. Deux femmes, deux générations, une seule pièce.
À l'intérieur: deux lits, un hamac, une table. C'est tout. Pas d'eau courante. Les toilettes et une sorte de douche sont dehors, au fond du jardin. L'électricité existe, mais elle sert à peine à faire tourner un petit ventilateur, dérisoire contre une chaleur qui, ce jour-là, frôle l'insupportable. Je me souviens avoir pensé: comment vit-on ici, dans cette fournaise, avec si peu ?
La maison dans la campagne cambodgienne
La cuisine
Et puis il y a eu le repas.
La mère de Hama avait cuisiné depuis le matin. Du poulet, du riz, du poisson, des légumes du jardin. Un vrai festin, généreux, soigné, servi avec une fierté tranquille que je n'oublierai jamais. Elle n'avait presque rien, et elle nous offrait tout.
C'est cela qui m'a bouleversé. Pas la pauvreté en elle-même — j'en avais déjà vu, sur d'autres routes, dans d'autres pays. Non. Ce qui m'a saisi, c'est ce geste d'accueil total, sans calcul, sans réserve, venant de gens qui possèdent si peu et qui donnent pourtant sans compter. Cette grand-mère, assise dans son hamac, qui nous regardait manger avec un sourire qui en disait plus long que n'importe quel mot. Cette mère qui avait passé sa matinée à la cuisine pour des invités qu'elle ne connaissait pas, simplement parce que sa fille les avait amenés.
La mère de Hama avait cuisiné depuis le matin. Du poulet, du riz, du poisson, des légumes du jardin. Un vrai festin, généreux, soigné, servi avec une fierté tranquille que je n'oublierai jamais. Elle n'avait presque rien, et elle nous offrait tout.
C'est cela qui m'a bouleversé. Pas la pauvreté en elle-même — j'en avais déjà vu, sur d'autres routes, dans d'autres pays. Non. Ce qui m'a saisi, c'est ce geste d'accueil total, sans calcul, sans réserve, venant de gens qui possèdent si peu et qui donnent pourtant sans compter. Cette grand-mère, assise dans son hamac, qui nous regardait manger avec un sourire qui en disait plus long que n'importe quel mot. Cette mère qui avait passé sa matinée à la cuisine pour des invités qu'elle ne connaissait pas, simplement parce que sa fille les avait amenés.
A gauche la maman d'Hamas et à droite sa petite fille
On parle souvent, dans mes voyages, de sagesse ancestrale, de traditions sacrées, de ce que les terres millénaires ont à nous enseigner. Mais parfois, la leçon la plus profonde ne vient pas d'un temple ni d'un rituel. Elle vient d'une rencontre, d'un plat de poulet-riz partagé à même le sol, dans une maison sans eau courante, avec deux femmes qui n'ont presque rien et qui, ce jour-là, m'ont donné une leçon d'humanité que je porte encore en moi.
Je suis reparti de chez elles avec le ventre plein et quelque chose de plus lourd dans la poitrine : cette question qui ne me quitte jamais tout à fait quand je voyage. Qui, de nous, est réellement riche ?
Je suis reparti de chez elles avec le ventre plein et quelque chose de plus lourd dans la poitrine : cette question qui ne me quitte jamais tout à fait quand je voyage. Qui, de nous, est réellement riche ?
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