Une matinée avec les éléphants

Rencontre éthique avec des éléphants du sanctuaire Mandalao à Luang Prabang

Il y a une vingtaine d’années, près de Chiang Mai, je suis monté sur le dos d’un éléphant lors d’une excursion de deux jours dans la forêt thaïlandaise. À l’époque, personne ne se posait de questions. C’était « l’expérience à faire » en Asie du Sud-Est, et j’en suis reparti avec de belles photos. Aujourd’hui, je sais ce que cachent ces balades : des animaux dressés, brisés, entravés, pour que des touristes comme moi puissent s’amuser.
Dans mes voyages, il n’y a donc ni balades sur le dos, ni bains avec les éléphants, ni spectacles. Seuls les vrais sanctuaires, où l’animal n’est forcé à rien, ont leur place dans mes itinéraires.
Matrimandir en Inde

Les deux éléphantes dans la forêt laotienne

C’est dans un lieu de ce genre, près de Luang Prabang, que j’ai emmené mon groupe en février 2026, lors de notre voyage Laos et Cambodge. Le sanctuaire de Mandalao recueille des éléphants maltraités ou épuisés par des années de travail. 
À notre arrivée, l’équipe nous a présenté le projet qu’elle mène depuis plus de vingt ans. Puis nous avons traversé la rivière. De l’autre côté, deux éléphantes nous attendaient.
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Pas de selle, pas de spectacle. Une seule règle : les laisser libres de leurs mouvements. Nous ne sommes pas montés sur elles et nous ne les avons pas touchées. Nous les avons simplement suivies dans la forêt.
Elles avançaient où elles voulaient et s’arrêtaient quand elles voulaient. Elles mangeaient surtout, feuilles et branches, avec une application tranquille. Nous marchions derrière elles, en silence, à distance. Pendant environ deux heures, nous avons fait partie de leur promenade, sans la diriger.
Matrimandir en Inde
Voir ces deux femelles de si près m’a profondément ému. À un moment, l’une d’elles s’est retournée et a marché vers nous. Nous sommes restés immobiles, et elle s’est arrêtée à quelques pas. Il n’y avait rien à faire, sinon les regarder vivre. C’est peut-être cela, le vrai luxe d’un voyage : être là, sans rien exiger de l’autre.

L’une des deux éléphantes était déjà fragile. Nous avons appris ce printemps qu’elle était morte. Elle avait passé ses derniers mois dans un lieu qui lui offrait du répit, et nous avons eu la chance de la croiser.
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En mode selfie avec Madame

Comment reconnaître un vrai sanctuaire?
Beaucoup de centres en Asie se sont rebaptisés « sanctuary » tout en proposant des attractions où le bien-être des animaux n’est pas garanti. Quelques questions à poser avant de réserver:
  • Peut-on monter sur les éléphants, les baigner ou les toucher ? Si oui, passez votre chemin.
  • D’où viennent les animaux?
  • Les groupes sont-ils limités, sans spectacle ni mise en scène ?
  • Les éléphants vivent-ils sans chaînes, avec des soins vétérinaires ?

Si vous voulez rencontrer les éléphants autrement, mes voyages au Laos et au Cambodge vous emmènent dans ce type de lieu : peu de monde, du respect, et du temps.